10h15, New York
"...la sortie de prison de Marco Vittà le 13 mai dernier s'est avérée être une erreure fatale. En effet, cela fait seulement deux mois que le vieux maffieu a été libéré que l'on compte déjà cinq crimes à son inssue. Nous rappelons que le supposé bras droit D'Ellie Capone, le chef de la mafia italienne installée dans notre belle ville, a simplement été arrêté pour détention de substances illicites, les enquêteurs n'ayant pu prouver qu'il était à l'origine des cinquante-quatre meurtres de simples citoyens pour lesquels il est suspecté.
Nos sources nous ont laissé entendre que le gouvernement voudrait mettre en place un couvre-feu qui ..."
Apple Millegan éteignit sa radio d'un geste rageur. Comment ces journalistes pouvaient être au courant pour le cinquième crime alors que ses agents venaient à peine d'arriver sur le terrain.
Son pied appuya instinctivement sur la pédale d'accélération.
13h30, New York, Bureaux fédéraux
Un jeune homme d'une vingtaine d'années rentra dans le bureau de son supérieur.
Il paraissait quelque peu nerveux à passé de façon régulière sa main dans ses cheveux noirs en bataille ou à replacer en permanence ses lunettes rectangulaires devant ses yeux bleus aciers.
"- Ils t'attendent en haut, Apple, dit le jeune homme d'une voix qui se serait voulue sûre mais qui ne l'était en aucun point.
- Je m'en doute Billy sinon tu ne serais pas aussi stressé.
- Mais qu'est ce qu'ils te veulent ?
- Je te l'ai déjà dit, lui répondit Apple d'une voix lasse, ils veulent des renseignements sur l'enquête.
- Mais tu te rends compte de qui ils sont !
- Oui, je m'en rend compte, soupira t-elle, et c'est pour que je ne vais pas les laisser m'attendre encore plus longtemps."
Elle attrapa un dossier d'un rouge vif posé sur son bureau et sortie de celui-ci, la porte transparente claquant derrière elle faisant sursaurter son jeune associer. Il resta quelques instants dans ce bureau classique avant de partir vers les sous-sol, un dernier regard vers les lettres en caractère d'imprimerie qui ornaient la porte; "Apple Millegan, Enquêtrice"
Le bip sonore de l'ascenceur retentit et Millegan sortit en trombe de cette boîte dans laquelle elle ne supportait pas être enfermée en raison du trop bon nombre de personnes et de l'odeur insupportable de transpiration mélangée à du parfum.
Elle pressa le pas se dirigant vers le bout du couloir où se trouvait deux portes blanches. Elle s'arrêta devant, arrangea sa tenue par de simples petits coups de mains et tapa enfin.
Un voix grave et puissante répondit à son toquement par un "Entrée"
Elle entra, donc, dans une pièce circulaire, aux murs d'un blanc éclatant. Au centre de celle-ci, se tenait quatre hommes d'une cinquantaine d'années assit au tour d'une table transparente. Tout est transparent dans ces bureaux
"- Ah Millegan ! Nous vous attendions, s'exclama l'un deux se levant, lui tendant la main, un sourire hypocrite plaqué sur le visage.
- Veuillez escuser mon retard, j'ai dû passer prendre des renseignements au près du médecin légiste.
- Ne vous escusez pas, ce n'est pas la peine, railla un autre des hommes, qui lui serra moellement la main."
Apple s'installa au bout de la table, près d'un écran plat sur lequel elle brancha une clé USB.
Puis, elle observa plus attentivement ses voisins.
Il y avait le directeur des bureaux fédéraux, Daniel Keyes, qui l'avait accueilli. Keyes avait beau être le patron d'Apple elle ne le voyait que rarement et ne le croisait jamais dans un couloir, cet homme était une sorte de fantôme. Elle détourna son regard vers le second homme à lui avoir parlé, Arthur Caul. Il était le chef des infiltrés, c'est lui qui se chargeait d'infiltrer les agents du gourvernement dans le système vicieux de la mafia. Puis, elle fixa attentivement un homme aux traits tirés par le stress et la fatigue. Il n'était autre que Rob Kokan, député de l'Etat. Enfin, le troisième homme était un peu plus jeune. Son visage était refermé, aucun sentiment n'émanait de lui si ce n'est la lassitude. Millegan le reconnut comme étant Sam Garrison, aussi surnommé "Eyes" à cause de sa façon destabilisante de regarder les gens dans les yeux lorsque l'on s'adresse à lui. Garrison était un infiltré, celui qui était monté le plus haut dans les grades de la mafia. Il risquait gros à venir ici, Apple ne comprenait pas.
Elle fut sortie de sa contemplation par la voix tranchante de Rob Kokan.
" - Nous sommes ici pour parler de l'affaire Vittà et par ailleurs de la mafia tout court, dit-il en jetant un rapide coup d'oeil vers Garrison qui n'avait pas levé les yeux d'une feuille posée sur la table.
Voyant que celui-ci s'obstinait à ne pas le regarder, il reprit la voix un peu plus forte mais aussi tremblante :
- Je pense que je vais vous laisser la parole Monsieur Keyes.
- Oui, euh, donc, répondit le concerné qui n'attendait pas son tour de paroles si tôt et qui venait maintenant de se lever, comme vous le savez tous Marco Vittà est le bras droit de Capone mais aussi l'assassin de cinquante quatre personnes, et sûrement plus mais nous n'avons pas retrouvé les corps, seul problème, aucune preuve pouvant le faire plonger, rien, le néant. Mais je pense que l'agent Millegan vous apportera plus de précisions sur l'enquête que moi."
Apple se leva, un hochement de tête de remerciements envers son supérieur, qu'au fond, elle ne pouvait pas supporter. Elle attrappa une télécommande et vint se mettre debout à l'opposé de la place qu'elle avait prise.
Elle alluma l'écran TV et une photo d'un homme d'une soixante d'années mais bien concervé, apparue. Il était dans une petite ruelle, son regard était méfiant et ses lèvres étaient tirés en un sourire sadique. Il portait les habits typiques de la mafia italienne, un costar blanc sur une chemise rose. Un chapeau blanc et entouré d'une fine bande noire était posé sur ses cheveux noirs aux reflets grisâtres. Il portait, enfin, de grosses lunettes noires.
" - Vittà, murmura Caul pour lui-même.
- Oui, Vittà, renchérit Apple. Marco Vittà, le bras droit d'Ellie Capone, mais ça je pense que vous le savez."
Elle appuya sur la télécommande et une dizaine de petites photos positionnées en mosaïque remplacèrent celle de Vittà.
" - Voilà seize des cinquante-quatre victimes retrouvées de Vittà. Ils n'ont aucuns points communs apparents, il y a des plombiers, des avocats, des banquiets, des journalistes, des filcs et j'en passe. Un seul indice les relis; ces roses rouges.
Apple avait zoomé sur une des photos. Celle-ci montrait le cadavre d'une jeune fille. Entre ces mains on avait glissé une rose d'un rouge sang. Elle changea de photo. Maintenant sur l'écran se trouvait le cadavre d'un homme d'une quarantaine d'années.
- Toujours dans la même position et une rose coincée dans leur main. Seul problème, aucune empreinte, aucune trace du meutrier.
- Comment savez-vous que c'est Vittà alors ? demanda Kokan de sa voix diplomatique.
- Un témoin du quatorzième crime, Mary MacLean, vingt-deux ans. Elle habitait l'immeuble en face de celui du meurtre. Elle nous a prévenu et deux jours après elle était tuée une rose entre les mains. On venait de perdre notre seul espoir de le coincer. On a longtemps supposé que c'était un flic qui avait tout raconté à Vittà. Toutes les pesonnes chargées de l'enquête à l'époque on était virées et l'affaire m'est revenue. Depuis, il n'a plus fait de bavures."
Pendant son récit Millegan, était retournée s'assoir. Un silence pesant régnait en maître dans la pièce. Tous étaient dans leurs pensées, fixant la photo du cadavre encore affichée à l'écran ou fixant un point imaginaire dans un coin de la pièce.
" - Nous pensons qu'un agent de l'équipe de Millegan devrait être infiltré exprès pour cette mission, expliqua Keyes d'une voix qui se voulait forte.
- Il n'en n'est pas question ! intervin pour la première fois Garrison."
Il n'avait toujours pas bougé. Son regard scruté une tâche invisible sur l'un des murs de la pièce. Sa voix était calme mais si effrayante.
" - Pourquoi ça ? demanda Keyes.
- Vous ne pensez pas que nous avons perdu assez d'agent comme ça ?
- Bien sûr ! Mais j'ai lu dans votre rapport que le fils de Capone allait être "formé", si je puis dire, par Vittà. Nous aurons donc besoin d'un agent à l'intérieur pour s'occuper de ça...
- Je peux le faire !
- ... Et seulement de ça. Finit Millegan à la place de son patron."
Garrison la regarda, et à ce moment là, Apple su d'où venait sa réputation. Ce mec faisait vraiment peur.
" - Oh et puis merde, allez tous vous faire foutre. Faites creuver vos agents, j'en ai rien à cirer. Sachez seulement que je ne l'aiderais pas une fois qu'il sera infiltré."
Sur ces mots, il partit, jetant un froid dans la salle.
Daniel Keyes signa un papier qui se trouvait devant lui, autorisant l'entrée d'un nouveau flic dans la mafia, puis, pretextant une réunion des plus importantes, s'éclipsa, laissant Millegan, Caul et Kokan, seuls.
" - Bon écoutez, je suis député, je ne connais rien à la police et encore moins à la mafia, alors je donne mon accord mais je ne serais pas responsable de la mort de votre agent, Agent Millegan, déclara Kokan de sa voix diplomatique, qui ne l'était plus vraiment à cause des tremblements de peur qui la parsemée.
- Pourquoi pensez-vous que mon agent va mourir ?
- Voyons Madame, vous avez entendu Garrison aussi bien que moi.
- Et vous le croyez !
- Écoutez. Il connait mieux que personne ce système vicieux. Alors si il vous dit que ce n'est pas le bon moment, c'est que ce n'est pas le bon. Sur ceci, bonne journée."
Il signa le papier vite fait, serra les mains de Caul et de Millegan d'une forte poignée, puis s'en alla de sa démarche sûre et droite.
Le temps d'un soupir, Caul avait déjà signé le papier, il serra lui aussi la main d'Apple et avant de partir lui demanda :
" - Au fait Millegan, qui est votre agent ?
- Kimberley, Kimberley Stanick."